Taboos and social contracts: Tools for ecosystem management – lessons from the Manambolomaty Lakes RAMSAR site, western Madagascar

Jeanneney Rabearivony, Eloi Fanameha, Jules Mampiandra, Russell Thorstrom

Abstract


Traditional taboos and social contracts played an important role in managing the Manambolomaty RAMSAR site. Taboos are defined as a prohibition imposed by social custom as a protective measure’ and social contracts are – in conservation sense – a common agreement for achieving conservation, sustainable development and development of resources objectives. The Manambolomaty Lakes RAMSAR site, District of Antsalova in western Madagascar, is composed of four lakes (Soamalipo, Befotaka, Ankerika and Antsamaka) surrounded by the Tsimembo deciduous forest. The first three lakes with forest surrounding encompass 14,701 ha and are being managed by two local Associations: FIZAMI (FIkambanana Zanatany Andranobe MIray) and FIFAMA (FIkambanana FAmpandrosoana Mamokatra Ankerika). The associations have used traditional taboos and social conventions to manage their local natural resources by incorporating a GELOSE (GEstion Locale SEcurisée) management system to conserve biological diversity, maintain resource sustainability and socio - economic viability. This site has the highest concentration of the endemic and critically endangered Madagascar fish eagle (Haliaeetus vociferoides), representing 10% of the global population, and many other species of different faunal groups are also in good conservation status such as Decken’s sifaka (Propithecus deckeni) and Western lesser bamboo lemurs (Hapalemur occidentalis) and Madagascar flying fox (Pteropus rufus). Culturally, the site is known as a unique source of the endemic tree Hazomalania voyroni (Hernandiaceae), which is used by the Sakalava people for constructing coffins, and being buried in a coffin made of this wood is a great honour for the Sakalava people. From Manambolomaty’s Lakes fish yields, estimated at 60 - 100 tons per fishing season, FIZAMI and FIFAMA are one of the few Malagasy Associations with active bank accounts supported by management of their natural resources and associated activities. Their fisheries management system has increased the annual local revenue estimated at more than $ 1,562 US / fisherman per season. The tax of fish sales to wholesale fish buyers forms 56% of the two local Commune’s budgets. This has made the Community - Based Wetlands Conservation at the Manambolomaty Lakes site well known in the conservation circles within Madagascar and has been modelled by other organizations and associations. Consequently, the Manambolomaty Lakes site is in the process of being added into the System of Protected Areas of Madagascar (SAPM) (Figure 1).

RÉSUMÉ

Les tabous traditionnels et conventions sociales jouent un rôle important dans la gestion du site RAMSAR Manambolomaty. Le tabou peut - être défini comme une prohibition imposée par la coutume sociale à titre de mesure de protection tandis qu’en terme de conservation, le contrat social est un accord commun pour atteindre les objectifs de conservation, de développement pérenne ainsi que du développement des ressources. Le site RAMSAR Manambolomaty, situé dans la partie occidentale de Madagascar, district d’Antsalova, est composé de quatre lacs (Soamalipo, Befotaka, Ankerika et Antsamaka) dont les trois premiers ainsi qu’une partie de la forêt caducifoliée de Tsimembo – totalisant environ 14,701 ha – sont gérés par deux Associations locales : FIZAMI (FIkambanana Zanatany Andranobe MIray) et FIFAMA (FIkambanana FAmpandrosoana Mamokatra Ankerika). La gestion des ressources naturelles par ces deux Associations se base sur le respect des tabous traditionnels et conventions sociales. FIZAMI et FIFAMA ont adopté le système de gestion du type GELOSE (GEstion LOcale SEcurisée) pour conserver la diversité biologique et assurer les activités socio - économiquement durables. Ce site abrite la plus forte concentration d’une espèce d’oiseau gravement menacée, le Pygargue de Madagascar (Haliaeetus vociferoides) représentant 10% de la population globale ; plusieurs autres espèces fauniques telles que le Propithèque de Decken (Propithecus deckeni), l’Hapalémur occidental (Hapalemur occidentalis) et la Roussette (Pteropus rufus) y bénéficient aussi d’un bon statut de conservation. Sur le plan culturel, ce site abrite une ressource unique de l’arbre endémique Hazomalania voyronii (Hernandiaceae), une espèce utilisée par la tribu Sakalava dans la confection de cercueils car il n’est de plus grand honneur pour les Sakalava que de pouvoir se faire enterrer dans un cercueil confectionné dans cet arbre. Le produit de la pêche à Manambolomaty est estimé à 60-100 tonnes par saison et à l’issue de la gestion des ressources naturelles et des activités y afférentes, FIZAMI et FIFAMA sont parmi les rares Associations malgaches qui ont réussi à avoir un compte bancaire. Leur gestion de la pêcherie augmente considérablement le revenu annuel local qui est estimé à plus de 1 562 US$ / pêcheur par saison. La taxe collectée à partir de la ristourne de pêche constitue près de 56% du budget communal des deux communes. Cette gestion communautaire de la zone humide de Manambolomaty est si bien connue dans le domaine de la conservation à Madagascar, qu’elle sert de modèle pour d’autres organisations et associations. En conséquence, le Complexe Lacustre Manambolomaty est proposé pour être inclus dans le Système des Aires Protégées de Madagascar connu sous le sigle SAPM.


Keywords


Manambolomaty Lakes; RAMSAR; Community-Based Wetland Conservation; Taboo; GELOSE; SAPM; western Madagascar; Antsalova

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DOI: http://dx.doi.org/10.4314/196

Madag. conserv. dev.
ISSN: 1662-2510