Conserving locally, cheating globally? An obvious impasse.

Jean-Roger Mercier

Abstract


Not too surprisingly, there’s a dearth of scientific data on corruption and environmental conservation. Or maybe I’m just a lousy ‘Googler’. Either way, two years ago or so, I faced a challenge when looking for good, meaty, analytical work as the centerpiece for the pro bono dossier I was drafting for the French chapter of Transparency International. The theme of the dossier was ‘Corruption and environment’ and I was getting the invaluable assistance of none less than a former French minister of the environment, Corinne Lepage. I ended up quoting one of the few articles that I had downloaded, a rather old piece on Kenya and wildlife, good and relevant, but I was frustrated, because my swift and unpleasant search had, all in all, yielded droplets of what I knew was an ocean. Indeed, corruption and environment do not go hand in hand, a simple linguistic remark, which banned me from any return trip to Madagascar, way back in 1990, during that 22nd trip of mine to what has now become Nosy Ména. Except for the frustration of not being able to look my old Malagasy friends in the eye and watch their children grow, I managed to have a life outside Madagascar and to survive, but my heart bleeds for the Malagasy and their present fate; corruption in environmental conservation is one of the many causes for the present chaos. Correctly identified as one of the major biodiversity hotspots around the world, Madagascar is routinely wasting its most precious resources: Its inhabitants and their extraordinary talents. But another part of the waste is a waste of the natural resources. Properly utilized, they could help alleviate poverty and move the island and its dwellers into more sustainable and inclusive development. Alas, the roots of the evil, as predictable, is – again – money. Rather than getting a decent revenue from sustainable management of precious resources like rosewood, traffickers exploit humans and the ecosystem like shameful bloodsuckers. I call upon the international community, and upon the Malagasy reformers, to come in force in this corruption - environment debate. I call upon all whose websites and glossy pamphlets promote transparency and good governance. There is no room for anymore complacency, hypocrisy and timidity. The time has come to take side and walk the talk. Let all those who disapprove of fraud and flaws come forward and support this issue of Madagascar Conservation & Development (MCD). I praise the guts and rigor of the publishers, as well as the authors of the rosewood article Hery Randriamalala and Zhou Liu, and the other contributors to the Journal. If anything, using sunshine as a disinfectant and publishing what many know, but don’t dare disseminate, are to be acknowledged with gratitude. Yes, conservation in Madagascar is far from perfect, but the baby should not be thrown out with the bath water. It is the pride of MCD to point the finger in the right direction and denounce those who market human exploitation and degrade natural resources for a huge and short-term profit. Let this be the beginning of a new era, with the support of large conservation non-governmental organizations, whose basic long - term interest lies in more transparency and better governance, a new era during which major environmental conservation issues are not swept under the carpet, but, on the contrary, brought to shining light for the good of the average Malagasy and their kin.

 

PRÉFACE


Conserver localement, tricher globalement ? Droit dans le mur

Il semble exister une réelle pénurie de données scientifiques portant sur la corruption dans le domaine de la conservation de l’environnement. Ou peut être ne suis-je pas assez bon ‘Googleur’. Toujours est-il, qu’il y a environ deux ans, lorsque je rédigeais l’article principal du dossier pro bono (qui représentait une analyse assez détaillée) pour le compte du chapitre français de Transparency International, je me suis trouvé face à un problème épineux. Le thème du dossier était ‘Corruption et environnement’ et j’avais l’aide une des incontournables spécialistes et pas moins célèbre ancien ministre de l’environnement Français, Corinne Lepage. J’ai fini par citer un des articles que j’avais téléchargé, une contribution assez ancienne sur la faune du Kenya, pertinente et de qualité dois-je reconnaître, mais je restais sur ma faim après cette recherche pour le moins ‘rapide et grossière’. Pour cause, ce que je rapportais comparativement à ce que je savais n’était qu’une goutte d’eau dans un océan. Corruption et environnement ne riment pas, simple remarque linguistique, qui fit de moi une persona non grata à Madagascar ; mon 22e et dernier voyage à Madagascar remonte à 1990, en ce qui est devenu Nosy Ména. Malgré la frustration de ne pas pouvoir regarder mes anciens amis Malgaches dans les yeux et de ne pas voir leurs enfants grandir, j’ai réussi à faire ma vie en dehors de ce pays et à survivre, mais le destin actuel des Malgaches me fend le coeur ; la corruption qui règne au sein de la conservation de l’environnement est l’une des principales causes du chaos actuel. Reconnue comme un des principaux centres de biodiversité à l’échelle mondiale, Madagascar gaspille systématiquement ses ressources les plus précieuses que sont ses habitants et leurs extraordinaires talents. À ce gâchis humain s’ajoute un gaspillage des ressources naturelles. Judicieusement utilisées, elles devraient aider à réduire la pauvreté et conduire l’île et ses habitants vers un développement plus durable et plus inclusif. Hélas, la mère de ces maux, comme on pouvait s’y attendre, est – une fois de plus – l’argent. Plutôt que de dégager un revenu décent par le biais d’une gestion pérenne des ressources précieuses telle que le bois de rose, les trafiquants exploitent les humains et l’écosystème comme des sangsues. J’en appelle à la communauté internationale et aux réformateurs Malgaches, afin qu’ils entrent dans le débat et prennent position contre la corruption dans le domaine de l’environnement. J’en appelle à tous ceux dont les sites Web et les brochures sur papier glacé appellent à la transparence et à une meilleure gouvernance. Qu’on en finisse avec la tolérance, l’hypocrisie et la timidité. Le temps est venu de choisir son camp et de pratiquer ce que l’on prêche. Que celles et ceux qui désapprouvent la fraude se lèvent et viennent soutenir ce numéro de Madagascar Conservation & Development (MCD). Je loue le courage des éditeurs, des auteurs de l’article sur le bois de rose Hery Randriamalala et Zhou Liu, et des autres collaborateurs du journal. Si beaucoup le savent, ce n’est pas pour autant qu’ils osent le publier et le diffuser, il nous faut montrer notre reconnaissance à l’endroit de ceux qui agissent. Il est vrai que la conservation à Madagascar est loin d’être parfaite, cependant, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. C’est tout à l’honneur de MCD de montrer du doigt la direction à suivre et de dénoncer ceux qui exploitent la misère humaine et la dégradation des ressources naturelles en recherchant des profits énormes et rapides. Promouvons le commencement d’une nouvelle ère, avec le soutien des grandes ONG environnementales, dont l’intérêt à long terme est la transparence et une meilleure gouvernance. Une nouvelle ère dans laquelle les principaux problèmes de la conservation de l’environnement ne sera pas mise à l’écart, mais au contraire, mise à nue pour le grand bien du simple citoyen de Madagascar et de sa famille.

 

 


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DOI: http://dx.doi.org/10.4314/165

Madag. conserv. dev.
ISSN: 1662-2510