A letter on politics

Alison Jolly

Abstract


Before the First World War, politicians of the great powers blustered at each other, believing they defended their national interests. Today they are remembered for provoking the deaths of 15 million people. Before WWII, Germany and Japan each felt they had been deprived of their rightful place in the world. That attitude spawned their expansionist régimes. Seventy million people died. In Copenhagen today politicians from rich and poor nations claim their right to spew the planet’s carbon into our atmosphere. There is a difference: the negotiators today in Copenhagen already know that if they fail, they will be responsible not for a few millions but for hundreds of millions of deaths, and misery for billions. Madagascar is one of many places that people will die from the changing climate. The last decade averaged 2 true cyclones each year, not counting 2-4 more large tropical storms. Science is unclear whether storms and cyclones will become more frequent, but all predictions agree that warming sea temperatures will make them more intense and destructive. And as people of Madagascar’s east and west recover from cyclones Fanele, Eric and Jade, drought ravages the south — no one is sure how the rains will change, only that change is coming. Politicians within Madagascar have little say in the negotiations of Copenhagen, but they have the same problem of balancing short-term advantage over long-term gain. Do they want to spend their time only in political manoeuvers for their parties’ gain? If so, they will be remembered for letting people go hungry and allowing the destruction of Madagascar’s extraordinary natural heritage. Rosewood export from the national parks and lemur sale as bushmeat are theft from the people of Madagascar, and from the people’s future. Even hungry farmers look to the future. A farmer must be at the last extremity before he or she eats the seed they have saved for next year’s planting. Can the politicians of Madagascar and the wider world look beyond this year, beyond this round of elections or negotiations? Do they wish to be remembered as the mothers and fathers who protected their countries’ people and the world’s heritage of nature, or else like politicians of Europe before the great World Wars, as murderers of the future?

PRÉFACE

Une lettre sur la politique Avant la Première Guerre mondiale, les politiciens des grandes puissances se déchaînaient les uns contre les autres en pensant défendre les intérêts de leurs nations. Aujourd’hui on se rappelle d’eux pour leur responsabilité dans la mort de 15 millions de personnes. Avant la Deuxième Guerre mondiale, l‘Allemagne et le Japon estimaient avoir été spoliés de la place qui leur revenait dans le monde, attitude qui engendrera leurs régimes expansionnistes. Soixante-dix millions de personnes sont mortes. À Copenhague aujourd’hui, des politiciens de pays riches et de pays pauvres revendiquent leur droit de répandre le carbone planétaire dans l’atmosphère. Mais il y a une différence, car ceux qui négocient aujourd’hui à Copenhague savent que s’ils échouent, ils seront responsables, non pas de quelques millions de morts, mais de centaines de millions de morts et de la misère de milliards d’hommes, de femmes et d’enfants. Madagascar est un endroit parmi tant d’autres où les gens mourront du changement climatique. La dernière décennie a été marquée par deux vrais cyclones par an en moyenne, et quelques deux-quatre tempêtes tropicales importantes. Il subsiste bien encore quelques doutes pour prouver scientifiquement dans quelles mesures les tempêtes et les cyclones augmenteront en fréquence mais toutes les prévisions s’accordent au moins pour admettre que l’augmentation de la température des océans les rendra plus intenses et plus destructeurs. Et alors que les gens de l’Est et de l’Ouest de Madagascar se remettent des cyclones Fanele, Éric et Jade, que la sécheresse ravage le Sud, personne ne sait comment les pluies évolueront mais tous s’accordent à reconnaître que changement il y aura. Les politiciens de Madagascar ont peu de poids dans les négociations de Copenhague, mais sont confrontés au même problème qui consiste à faire la part des avantages à court terme par rapport aux gains à long terme. Veulent - ils se borner à quelques manoeuvres politiques pour en faire profiter leurs partis ? Si c’est le cas, on se rappellera d’eux comme ceux qui ont laissé les famines s’installer dans leurs pays et permis la destruction du patrimoine naturel extraordinaire de Madagascar. L’exportation des bois précieux des parcs nationaux et la vente de lémuriens comme gibier sont des vols commis contre les citoyens de Madagascar et contre le futur de l’humanité. Même les fermiers affamés envisagent l’avenir. Un fermier ou une fermière doit être au bord du désespoir avant de manger les graines qui devraient servir de semences aux plantations de la saison suivante. Les politiciens de Madagascar et du monde peuvent-ils regarder au delà de cette année, au delà de cette série d’élections ou de négociations ? Souhaitent - ils rentrer dans les mémoires comme les mères ou les pères qui ont protégé les citoyens et le patrimoine naturel mondial de leur pays, ou comme les politiciens de l’Europe avant les Grandes Guerres, comme des meurtriers du futur ?


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DOI: http://dx.doi.org/10.4314/129

Madag. conserv. dev.
ISSN: 1662-2510